Plénière 1 – Le continent africain et le monde dans la phase post-Covid-19

Contexte

La pandémie de COVID-19 qui a frappé le monde à partir du début de l’année 2020 a surpris la plupart des États de la planète. La crise qui s’en est suivie a provoqué de nombreux dysfonctionnements tant dans les échanges commerciaux, la circulation des personnes que dans l’allocation des ressources financières alors redirigées inopinément vers les urgences sanitaires. La pandémie a également eu pour effet d’accentuer la défiance des populations à l’égard de leurs dirigeants et des médias. La COVID-19 s’inscrit dorénavant dans le narratif des adeptes des théories du complot, qu’il s’agisse de son origine ou de sa raison d’être. Enfin, la pandémie a révélé des situations paradoxales. Malgré des discours généreux mettant l’accent sur la solidarité internationale, c’est le plus souvent en ordre dispersé que les États ont tenté de trouver des solutions.

Ce décalage apparu dans les premiers mois de la crise est révélateur de l’urgence qui a frappé l’ensemble des parties prenantes impliquées. Elles ont dû s’adapter au rythme de l’évolution de la situation sanitaire et selon leur niveau de connaissance du virus. À l’exception de quelques pays, les hésitations qui en ont découlé ont parfois empêché les décideurs de définir une ligne claire, compréhensible pour les populations. Or, la pandémie exige, par définition, une approche concertée et une démarche de transparence. Le virus ignorant les frontières, il est aujourd’hui presque irréaliste d’imaginer l’isolement total d’un pays. Dans ce contexte, le retour au multilatéralisme apparaît comme un impératif pour freiner puis vaincre la pandémie : les stratégies nationales doivent ainsi être mises en cohérence avec les politiques régionales et mondiales.

Dans la lutte contre la pandémie, les populations africaines ont fait preuve d’une grande résilience, supérieure à ce qui a pu être constaté dans d’autres régions dont les habitants ont perdu l’habitude de faire face à des restrictions importantes. En fait, le continent africain est crédité d’une longue tradition de gestion des épidémies (Fièvre jaune, Ebola, etc.) puisque les initiatives locales et les structures qui préexistaient pour gérer d’autres épidémies ont pu être activées.

Dans ce contexte, une réflexion peut être menée autour des structures régionales en Afrique, l’UA et les communautés économiques régionales, dans l’objectif d’améliorer la gestion collective des pandémies. L’UA a fait preuve de proactivité dans la prise en main de la lutte contre la pandémie de COVID-19, affirmant sa capacité à mettre en œuvre une politique cohérente. Ceci démontre l’intérêt d’une réponse à la crise dans un cadre solidaire, tout en posant la question de la politique de distribution des vaccins et de la bonne gouvernance pour éviter, par exemple, des inégalités possibles dans la répartition des stocks.

La pandémie a également eu un effet direct sur les relations entre les pays africains et leurs partenaires extérieurs, ces derniers étant plus préoccupés par la situation sanitaire et économique de leurs pays. Cette situation a entrainé une réduction de l’aide et de l’assistance et surtout fragilisé les liens avec l’Afrique ; ce qui a remis au goût du jour la question de la coopération et de l’autonomie stratégique des États africains, dans le monde post-COVID 19.
Par ailleurs, la pandémie a exacerbé certaines menaces qui pèsent sur les pays africains, dans le domaine du développement du numérique, à savoir la cybersécurité et la désinformation.
La crise sanitaire a vu une explosion des cyberattaques à des fins de prédation, notamment en direction des acteurs économiques. La pandémie de COVID-19 a aussi fait l’objet de nombreuses discussions et interrogations dans les réseaux sociaux, déstabilisant parfois les pouvoirs publics.

Objectif

Initier un dialogue entre les parties prenantes sur les politiques et les moyens à mettre en œuvre pour une sortie rapide de la crise sanitaire, en insistant sur les réponses collectives garantissant la stabilité et l’émergence, notamment celles relatives à la coopération régionale et à l’autonomie stratégique des États africains.

 

Enjeux

Cette plénière introductive s’articule autour des points suivants :

  • La place et la contribution de l’Afrique dans les stratégies de lutte contre les pandémies.
  • Le juste équilibre en matière de coopération avec l’extérieur, le risque de dépendance et la recherche d’une plus grande autonomie.
  • Les enjeux liés à une information objective dans un contexte de crise (naturelle ou sanitaire), notamment dans les réseaux sociaux.
  • La conciliation du besoin urgent de se préparer aux prochaines pandémies et l’impérieuse nécessité de s’attaquer aux défis sécuritaires actuels du continent
  • 00

    jours

  • 00

    heures

  • 00

    minutes

  • 00

    secondes

Date

06 Déc 2021

Heure

14h45 - 16h15

Lieu

CICAD

Lieu 2

Diamniadio
Catégorie

Comments are closed.