Atelier 3 — Nouveaux défis : Cybersécurité et lutte contre la désinformation

Contexte

Adoptée par l’Union africaine (UA) en 2014, la Convention sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel (Convention Malabo) demeure le texte de référence sur les questions liées au numérique en Afrique. Considérant que la cybercriminalité ne s’arrête pas aux frontières physiques, cette Convention propose une démarche globale, qui consiste à harmoniser les outils de cybersécurité des États membres de l’UA, à commencer par leurs législations en matière de technologies de l’information et de la communication (TIC). Si cette étape pose le premier jalon d’un espace numérique africain, seuls huit États ont ratifié la convention, à ce jour. Toutefois, une telle fragmentation traduit davantage une absence de cohésion à ce sujet au sein de l’UA, qu’un désintérêt quasi général vis-à-vis de la menace cyber, puisque plusieurs États non partis ont adopté leurs propres lois dans ce domaine. Or, la réponse ne peut être que collective face au caractère transnational de la menace. L’élaboration d’une stratégie de souveraineté numérique africaine apparaît donc comme un moyen de redynamiser cette quête de cohésion. Alors que la définition du concept de « souveraineté numérique » fait toujours l’objet de réflexions politiques et académiques, quel serait son sens appliqué au contexte africain ?

La pénétration croissante d’Internet en Afrique s’accompagne d’une augmentation mécanique de la surface d’exposition aux risques cyber. Par exemple, en 2017, en raison de cyberattaques, le Nigéria a perdu près de 650 millions de dollars contre 550 millions l’année précédente. Pour assurer la montée en compétence des États africains contre ces menaces, des coopérations stratégiques et opérationnelles, bilatérales et multilatérales sont cruciales afin de renforcer la résilience des infrastructures. Les domaines d’échanges sont multiples : la mise en œuvre de cadres juridiques dédiés à la cybersécurité, la création de centres d’alerte et de réaction aux attaques informatiques (CERT), le chiffrement des données à haute valeur ajoutée, etc. À cet égard, plusieurs projets ont émergé, notamment le projet OCWAR-C, entre l’Afrique de l’Ouest et l’Union européenne, et l’École nationale de cybersécurité à vocation régionale à Dakar. Pour autant, l’essor exponentiel des technologies du numérique (5G, big data, Internet des objets, etc.) tend à complexifier le risque cyber et appelle à une pérennisation de la coopération. Comment adapter les activités de coopération aux nouveaux enjeux technologiques ? Comment renforcer l’interopérabilité entre les partenaires africains ?

« Le premier essai technique du vaccin contre le coronavirus sera testé en Afrique ». Attribuée à Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, cette fausse citation a provoqué sur les réseaux sociaux africains beaucoup de réactions négatives, en plus de nuire à l’image de l’organisation onusienne auprès des internautes. Par leur viralité, les fake news sont capables de formater des comportements de consommateurs voire de citoyens. Elles représentent ainsi une menace pour la stabilité de pays africains dont l’espace informationnel est particulièrement perméable aux manipulations de l’information. En effet, pour de nombreux utilisateurs, le saut de génération technologique incarné par les smartphones a favorisé le recours aux réseaux sociaux (WhatsApp et Facebook en premier lieu) pour s’informer. Or, les fake news y circulent plus vite qu’une « vraie » information. De plus, les sites d’information africains publient généralement leurs contenus aux côtés de ceux d’agences de presse internationales (AFP, Reuters, Sputnik, Xinghua, etc.), exposant ainsi leurs lecteurs à des narratifs parfois élaborés par des médias à la solde de puissances étrangères. Comment les États africains peuvent-ils se prémunir face aux manipulations de l’information ?

Objectif

Cet atelier vise à ouvrir le débat sur la cybersécurité et l’enjeu que représente la guerre informationnelle sur les nouveaux supports numériques. La sensibilisation de l’ensemble des acteurs, publics comme privés, à ces questions hautement sécuritaires ainsi que les partenariats envisageables et la définition des bonnes pratiques formeront le cœur des discussions.

 

Enjeux

  • Quelle est la nature et la portée de la menace cyber, principalement dans le domaine de la désinformation ? Est-il possible d’établir une typologie des acteurs, des risques et des méthodes adoptées ?
  • Quels sont les facteurs, structurels et conjoncturels, qui contribuent à la manipulation de l’information dans le domaine cyber ?
  • Quelles peuvent être les réponses, technologiques, politiques, sociétales, aux manipulations de l’information cyber ?
  • Quelle stratégie adopter à l’égard des partenaires et des fournisseurs de solutions dans le domaine cyber ? Quels liens nouer avec le secteur privé ?
  • Comment mieux sensibiliser les dirigeants politiques et économiques aux risques cyber ?
  • Quelle(s) coopération(s) aux niveaux régional et continental ?
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Date

06 Déc 2021

Heure

16h30 - 18h00

Lieu

CICAD

Lieu 2

Diamniadio
Catégorie

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